Trick slackline : les figures de trickline à apprendre dans l’ordre
Un trick de slackline est une figure réalisée sur une trickline, une sangle large de 3,5 à 5 cm, longue d’une quinzaine de mètres et très tendue, qui renvoie le pratiquant comme un trampoline. La progression classique part de la marche et des demi-tours, passe par le lemur jump puis le buttbounce, figure de base du freestyle, avant les rebonds sur le torse, les rotations et le premier salto.
Trickline et slackline freestyle : de quoi parle-t-on
La trickline, ou slackline freestyle, est la discipline de la slackline consacrée aux sauts et aux figures. Selon le site portugais All About Slackline, le système de notation des compétitions ISI recense environ 500 tricks. Ils s’organisent autour de « bases », la partie du corps qui touche la sangle pour prendre de l’élan : fesses (buttbounce), dos, pieds, épaule, ou des positions comme le crook et le buddha. On décolle d’une base, on exécute une rotation, un salto ou un grab, puis on retombe sur une base.
La discipline a ses figures historiques. D’après Outside.fr, Andy Lewis, mort en juin 2026 dans un accident de BASE jump, est l’auteur du premier backflip de l’histoire sur une ligne. Le but, en compétition, est d’enchaîner des figures toujours plus difficiles en séquences de plus en plus longues, comme le détaille notre panorama des compétitions de slackline.
Régler la ligne pour les tricks : longueur, tension, hauteur
Une ligne de tricks est plus longue, plus tendue et plus haute qu’une ligne de marche, pour que la sangle rebondisse sans que les pieds touchent le sol. Les sources s’accordent sur l’ordre de grandeur, avec des chiffres un peu différents.
| Source | Longueur | Hauteur | Largeur et tension |
|---|---|---|---|
| OFSPO, mobilesport.ch (mars 2013), pour le buttbounce | Environ 15 m | Un mètre du sol, ou 80 à 100 cm au-dessus de gros tapis pour un débutant | Sangle fortement tendue |
| Slackline Industries (2020) | 40 à 45 pieds, soit 12 à 14 m | 1 à 2 pieds, soit 30 à 60 cm, selon taille et poids | Kit trickline à sangle « type trampoline » |
| All About Slackline | Au moins 15 m, idéalement 18 à 25 m | Non précisée | 3,5 à 5 cm, deux cliquets ou un mouflage, une sécurité sur chaque cliquet |
| Ligne de découverte (OFSPO), pour comparaison | 3 à 5 m | 20 à 30 cm | Forte tension |
Une ligne plus longue amortit mieux l’impact du corps, ce qu’All About Slackline présente comme une protection du bas du dos, et une sangle large répartit le choc sur une plus grande surface. La tension se règle au cliquet ou au mouflage ; les écarts entre ces deux systèmes sont expliqués dans notre comparatif slackline à cliquet ou primitive. Sur une trickline, la sécurité du cliquet par une sangle ou une cordelette de sauvegarde est devenue la norme, selon le rapport d’incidents 2015 de l’International Slackline Association (ISA).
Les tricks de slackline à apprendre, dans l’ordre
Le premier trick de slackline n’est pas un saut : c’est une marche solide. Slackline Industries le résume ainsi : « la réponse est : maîtriser la marche ». Une fois la marche acquise, les demi-tours en bout de ligne et les flexions profondes sont déjà des figures de base, de même que le knee drop, genou posé sur la sangle. Les positions statiques à maîtriser avant de sauter sont présentées dans notre fiche sur les figures de slackline pour débutant.
Pour la suite, nous reprenons l’ordre proposé dans les tutoriels vidéo de Slacktivity, présentés par Samuel Volery, cofondateur de la marque et recordman de highline, complétés par le premier saut conseillé par Slackline Industries.
- Lemur jump : un saut vers l’avant, pas vers le haut, d’un pied sur l’autre. Slackline Industries en fait le premier saut à apprendre.
- Buttbounce : le rebond assis, base de presque tout le freestyle. Slacktivity prévient qu’il peut être douloureux au début, au sens propre.
- Chestbounce : le rebond face à la ligne, sur le torse. L’erreur classique est de recevoir la sangle au visage.
- Chestbounce 180, ou mojo : un demi-tour en l’air entre deux chestbounces.
- Buddha bounce : une variante du rebond assis, plus impressionnante qu’elle n’est risquée selon Slacktivity, mais qui donne des callosités.
- Nasty chest : départ en buttbounce, on attrape la ligne en montant et l’on retombe en chestbounce dans l’autre sens.
- Butt backflip : le premier salto arrière, depuis le buttbounce, que Slacktivity présente comme le grand palier de la progression.
La technique du buttbounce, base du freestyle
Le buttbounce consiste à rebondir assis sur la sangle en utilisant son élasticité, et il se travaille avec une méthode précise. Le dossier mobilesport.ch de l’OFSPO décrit la position : assis au milieu de la ligne sur l’ischion, regard et épaules tournés vers un point d’ancrage, le genou de la jambe intérieure effleurant la sangle et la jambe extérieure relâchée vers l’avant.
L’élan vient des bras et des épaules, qui montent et descendent vigoureusement. La jambe extérieure peut toucher le sol pour se stabiliser, mais ne pousse pas : l’énergie doit venir de la ligne. Au début, la sangle part sur les côtés ; avec l’entraînement, seules les oscillations verticales restent et la hauteur augmente. L’OFSPO recommande un partenaire qui guide la main arrière, car la chute vers l’arrière n’est pas exclue, et un gros tapis de chaque côté de la sangle. Le même document précise que la sangle est plus dynamique au milieu qu’aux extrémités : les pratiquants lourds décollent plutôt près des bords, les plus légers vers le centre.
Pour monter sur la ligne en sautant plutôt qu’en douceur, l’OFSPO donne cinq repères : prendre l’élan parallèlement à la sangle, s’élancer avec le pied avant, poser d’abord le pied arrière, se placer en travers de la sangle à la réception et amortir en fléchissant les genoux.
Progresser en trickline sans se blesser
La trickline est la discipline de slackline qui blesse le plus, et la progression doit en tenir compte. Dans le rapport 2015 de l’ISA, elle représente 34,7 % des blessures déclarées pour 17,8 % de pratiquants parmi les répondants à l’enquête de l’association. L’ISA l’explique par des chutes moins prévisibles et par des montages souvent appris dans les notices, sans bien comprendre les forces en jeu. Samuel Volery, chez Slacktivity, conseille une autoévaluation honnête de son niveau et l’essai des figures nouvelles au-dessus de tapis ou d’une trickline tendue au-dessus de l’eau.
Les tapis comptent : le rapport de l’ISA relate des blessures en compétition, bras cassé, vertèbres fracturées, commotion, sur des tapis de lutte de 3 pouces, soit environ 7,5 cm, et plusieurs blessés pensaient qu’un tapis plus épais aurait limité les dégâts. Une figure nouvelle se travaille d’abord avec une parade ou au-dessus d’un tapis épais, puis seule. Les gestes qui protègent chevilles, poignets et dos sont détaillés dans notre guide pour prévenir les blessures en slackline, et les autres pages de méthode sont dans la rubrique figures et progression.
Pour apprendre plus vite, filmez-vous et comparez avec les tutoriels : vous verrez par exemple si l’élan du buttbounce vient bien des bras et non d’une poussée des jambes. Un club ou un cours de slackline permet en outre de bénéficier d’une parade et du matériel de réception, que l’on a rarement chez soi.


