Highline (slackline) : définition, matériel, sécurité et stages en France
La highline est une slackline tendue en hauteur, au-dessus d’un vide (falaise, gorge, vallée), sur laquelle on marche relié à la sangle par une longe, le leash, attachée au baudrier. En cas de chute, le pratiquant reste suspendu sous la ligne puis remonte dessus. À ne pas confondre avec la High Line de New York, un parc aménagé sur une ancienne voie ferrée aérienne de Manhattan.
Highline : la slackline en hauteur, pas le parc de New York
En slackline, la highline désigne la discipline pratiquée assez haut pour qu’une chute sans assurage soit grave ou mortelle. L’encyclopédie Wikipédia la définit comme la slackline pratiquée en élévation au-dessus du sol ou de l’eau. Le mot anglais signifie « ligne haute ». Les pratiquants distinguent parfois la midline, une highline de moins de 30 mètres de haut, d’après le lexique du cours en ligne Highlining 101 de HowNOT2.
Le terme crée une confusion fréquente dans les moteurs de recherche. Une grande partie des recherches sur « highline » en France vise en réalité la High Line de New York, un parc public de l’ouest de Manhattan. D’autres visent une entreprise de recrutement du même nom. Cette page traite uniquement de la highline de slackline, dite aussi slackline highline.
La discipline vient de Californie. Selon l’historique publié par HowNOT2, Scott Balcom traverse la première highline en 1983 sous un pont de Pasadena, puis la Lost Arrow Spire, une aiguille de Yosemite, le 13 juillet 1985. Elle fait partie des grands styles de slackline, avec la trickline, la longline et la waterline.
Le matériel d’une highline : sangle, backup, leash et ancrages
Une highline repose sur la redondance : chaque élément qui porte le pratiquant est doublé. Selon Wikipédia, une installation moderne comprend une sangle principale, une sangle de secours (le backup) et souvent une corde d’escalade ou en polyéthylène à haute résistance.
| Élément | Rôle | Repère |
|---|---|---|
| Sangle principale | La ligne sur laquelle on marche | Toutes les highlines utilisent de la sangle de 1 pouce (25 mm), selon HowNOT2 |
| Backup | Seconde sangle accolée, qui prend le relais si la première casse | Présent dans toute installation moderne, selon Wikipédia |
| Leash et anneau | Relie le baudrier à la sangle et coulisse avec le pratiquant | Anneau fermé, jamais un mousqueton (cause d’un décès recensé par l’ISA) |
| Baudrier | Point d’attache du corps | Baudrier d’escalade |
| Ancrages | Points fixes à chaque extrémité | Solides, redondants et répartis |
| Longe personnelle | S’assurer au bord du vide pendant l’installation | Le PAS du lexique HowNOT2 |
Côté pièces métalliques, l’Association internationale de slackline (ISA) recommande de les doubler par une corde, nouée, d’au moins 9 mm de diamètre. Les ancrages se posent sur rocher, sur arbre ou sur goujons, avec les mêmes principes que ceux décrits dans notre page sur les ancrages en slackline : aucun point unique, aucun frottement sur une arête.
Les risques de la highline, chiffrés par l’ISA
La highline tue rarement, et presque toujours pour la même raison : un leash non attaché au baudrier. Le tableau de risque de l’ISA, mis à jour en septembre 2026, recense 12 décès en highline depuis les débuts de la discipline. Huit sont dus à un leash non relié au baudrier.
| Cause du décès (base de l’ISA) | Nombre |
|---|---|
| Leash non attaché au baudrier | 8 |
| Mauvais matériel (mousqueton au lieu d’un anneau fermé) | 1 |
| Rupture des sangles dans un orage | 1 |
| Rupture d’ancrage (dalle de béton sous-dimensionnée) | 1 |
| Chute pendant l’installation | 1 |
L’ISA en déduit un risque annuel de 0,06 décès pour 1 000 pratiquants, pour une population qu’elle estime à 10 000 highliners. À titre de comparaison, elle cite 0,068 pour l’alpinisme et l’escalade, et 4,3 pour le base jump. Ces décomptes excluent les accidents survenus pendant la marche d’approche ou au bord d’un ancrage. L’association explique ce taux faible par des systèmes surdimensionnés (coefficient de sécurité de 4 à 10 sur le matériel), redondants, et vérifiés à deux.
D’où le réflexe à retenir : avant chaque départ, vérifiez votre nœud de leash et faites-le vérifier par un autre pratiquant. Les règles générales sont reprises dans nos précautions de sécurité en slackline.
Passer de la slackline à la highline
On arrive à la highline après la slackline au sol, pas avant. Il faut savoir marcher plusieurs dizaines de mètres de façon régulière, se relever sur la sangle et gérer une ligne qui bouge. Pour la longueur et le balancement, les défis de la longline constituent la préparation la plus proche.
- Au sol : marcher une ligne de 25 mm, sur des distances croissantes.
- Remonter sur la sangle : apprendre à passer de dessous la ligne à assis dessus, puis debout.
- Attraper la ligne : s’entraîner à saisir la sangle avec les mains en tombant.
- Première highline : sur une ligne déjà installée par des pratiquants expérimentés, courte et basse.
HowNOT2 met en garde contre une fausse bonne idée : s’entraîner sur une slackline « un peu haute », à quelques mètres du sol. Le leash risque alors de vous retourner juste assez pour que la tête heurte le sol. Soit on est près du sol sans leash, soit assez haut pour pendre sous la ligne.
La peur du vide en highline
La difficulté de la highline est d’abord mentale. Une ligne que l’on traverse sans peine près du sol peut paraître infranchissable une fois tendue au-dessus du vide. Le lexique HowNOT2 distingue l’exposition directe, la hauteur réelle sous les pieds, et l’exposition perçue, celle que l’on ressent selon la vue. Certains approchent d’abord le vide autrement, par un saut pendulaire encadré, où l’on chute attaché à des cordes.
Le travail porte sur la respiration, le regard fixé sur l’ancrage d’en face, et l’acceptation de la chute. Prendre volontairement quelques chutes sur le leash au début, encadré, aide à faire confiance au système. Les highliners décrivent aussi un état de concentration complète, qu’ils appellent le « flow ». Nous n’avons pas trouvé d’étude scientifique publiée qui mesure cet état chez les highliners ; il relève pour l’instant du témoignage.
Où faire un stage highline en France
En France, on découvre la highline par un stage encadré, auprès d’un guide ou d’une association. Dans les gorges du Verdon, Vertical Verdon, à La Palud-sur-Verdon, propose une progression de la slackline près du sol à la traversée au-dessus du canyon. L’UCPA a proposé aux 15-17 ans un séjour slackline et highline aux Arcs, mais sa page indiquait en octobre 2026 qu’il n’était plus en vente. Des associations publient aussi des stages de quelques jours chaque été.
Pour repérer les lignes existantes, le site collaboratif Camptocamp recense des topos de highline, avec longueur, hauteur et description des ancrages. La France compte aussi plusieurs records : selon le Guinness World Records, la plus longue traversée homologuée par l’ISA, 2 710 mètres, a été réalisée le 3 août 2022 entre le puy de l’Angle et le roc de Cuzeau, près du Mont-Dore, par une équipe majoritairement française. Retrouvez les autres pratiques en hauteur dans la rubrique highline et sports de vide.
Avant de vous inscrire, vérifiez l’encadrement proposé, le matériel fourni et le niveau demandé en slackline au sol.
Highline : vos questions
Quelle est la longueur de la High Line ?
La High Line de New York mesure 1,45 mile, soit environ 2,3 kilomètres, selon l’association Friends of the High Line qui la gère. Ce parc continu relie Gansevoort Street à la 34e Rue, dans l’ouest de Manhattan. Il n’a rien à voir avec la highline de slackline, une sangle tendue au-dessus du vide, dont la longueur varie de quelques mètres à plus de 2 kilomètres.
C'est quoi High Line ?
La High Line est un parc public de New York aménagé sur une ancienne voie ferrée aérienne de marchandises de l’ouest de Manhattan, entièrement en service en 1934 puis abandonnée dans les années 1980. Le premier tronçon a ouvert en 2009. Écrit en un mot, « highline » désigne aussi une discipline de slackline : marcher sur une sangle tendue au-dessus du vide, relié à elle par une longe.


